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Référent FPH : Inga Wachsmann Montant : 1 500 000

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Fiche Action

Poursuivre le dialogue euro-chinois dans le cadre du Forum China-Europa

Résumé
Le Forum est un dialogue global entre la société chinoise et la société européenne. C’est aussi le prototype de ce pourrait être dans l’avenir le dialogue de société à société entre régions du monde. Après le succès de la rencontre de 2007, le Forum crée progressivement ses assises institutionnelles et sociales pour s’inscrire dans la durée.
Synthèse
L’interdépendance entre les régions du monde est devenue irréversible. Toutes vivent sur la même planète, aux équilibres fragiles. Comme l’illustrent le changement climatique ou la dégradation de la biodiversité ou encore la concurrence pour la maîtrise des ressources d’énergies fossiles, les actions de l’une ont un impact direct sur toutes les autres. En outre, les économies et les systèmes financiers sont inter-connectés comme l’a encore montré de façon éclatante la crise financière, économique et sociale déclenchée aux Etats Unis en 2007-2008. Autrefois, les relations entre sociétés s’apparentaient aux relations d’habitants de villages voisins, qui pouvaient coopérer ou s’affronter ponctuellement mais rentraient ensuite chacun chez eux. Aujourd’hui, ce sont plutôt les relations entre colocataires d’un même appartement, appelés à partager les ressources, la cuisine et la salle de bain. Traditionnellement, ces relations entre régions du monde étaient prises en charge par la diplomatie d’un côté et le commerce de l’autre. C’est maintenant insuffisant. Les sociétés elles-mêmes, dans toutes leurs composantes, doivent apprendre à dialoguer pacifiquement, à échanger leurs expériences, à reconnaître, au-delà de leurs différences, les défis communs qu’elles ont à affronter. Le dialogue global de société à société est un volet essentiel de la construction d’une communauté mondiale responsable.
La montée en puissance de la Chine est l’événement majeur des trente dernières années. Il bouscule la suprématie occidentale, il est l’expression la plus visible de la mondialisation. De l’évolution des relations entre Chine, Europe et Etats Unis dépend pour beaucoup l’avenir du monde tout entier. Les négociations et incompréhensions manifestées à l’occasion du Sommet de Copenhague sur le changement climatique ont mis en lumière l’ampleur des incompréhensions possibles. En particulier, Européens et Chinois ont beau proclamer officiellement le caractère stratégique de leur partenariat, les sources de malentendus entre les deux sociétés se sont accumulées et les tensions dont la préparation des Jeux Olympiques de Pékin a été l’objet ont montré que des événements d’importance mineure pouvaient subitement révéler un contentieux beaucoup plus sérieux. Il est donc naturel que ce soit dans le cadre des relations Chine et Europe que l’on cherche à inventer les modalités nouvelles d’un dialogue entre sociétés de deux régions du monde. Le prototype inventé à l’occasion de la seconde rencontre biennale du Forum China-Europa, en 2007, s’est imposé comme référence d’un tel dialogue. Mais il s’agissait encore à ce stade d’une rencontre ponctuelle dont le format avait été intégralement défini par la fph. Le succès de cette seconde rencontre biennale a transformé la nature du Forum en faisant en sorte que les thèmes de débat entre nos sociétés (ateliers socioprofessionnels et thématiques) soient définis à l’initiative des sociétés elles-mêmes et non de la seule fph et que chacun d’eux s’enracine de part et d’autre dans la société. L’ensemble des relations de partenariat entre Chine et Europe doivent dorénavant s’inscrire dans cette dynamique d’ensemble. En privilégiant la diversité des participants européens et chinois au processus, le Forum crée aussi une importante opportunité de dialogue entre Chinois d’un côté, entre Européens de l’autre, contribuant, en particulier en Europe, à une dynamique instituante pour la communauté citoyenne européenne. Dans certains cas, comme celui des filières agroalimentaires ou de la finance, les dialogues nés dans le cadre du Forum China-Europa peuvent s’enrichir en y associant des représentants d’autres régions, comme l’Amérique du Nord ou l’Afrique.
Voir l'historique
Convaincue que le monde ne se construirait pas sans la Chine, la fondation a commencé à établir des partenariats en Chine dès la fin des années 80. A l’époque, la Chine en était encore à la phase initiale de son ouverture au monde : l’intégration dans le système économique mondial était déjà poussée mais la plupart des secteurs de la société chinoise en était à un stade de découverte du reste du monde. Dans cette première étape de partenariat, la fondation s’est donnée pour priorité d’associer des partenaires chinois à des réseaux et dialogues mondiaux. Elle a été également attentive, au cours des années 90, à ce que des partenaires chinois s’impliquent dans l’Alliance pour un Monde responsable, pluriel et solidaire. En 2003, une rencontre tenue à Pékin a permis de rassembler nos différents partenaires chinois, de faire le bilan de la coopération. Elle a conclu que l’étape initiale d’ouverture au monde était achevée et qu’il fallait par contre associer les partenaires chinois à la réflexion sur les défis du 21ème siècle et sur les mutations qui devraient en découler. En 2005, à l’initiative de l’Association des intellectuels chinois en Europe et de la fondation Henri Fok de Hong Kong, la fondation s’est associée à l’organisation d’un premier Forum China Europa : une rencontre tenue dans le sud de la Chine et qui avait pour objectif d’aider la société chinoise à bien comprendre, grâce à l’intervention d’acteurs ou de témoins de première main, l’historique, les ambitions, les limites et la portée de la construction européenne. Le succès de ce premier Forum a conduit à décider la pérennisation de ce type d’échange sous forme de rencontres biennales mais c’est la seconde rencontre biennale, tenue en Europe en 2007, qui a donné au Forum son ambition et son format actuel : celui d’un dialogue global de société à société.
Le succès de la rencontre biennale de 2007 a conduit à une seconde mutation du Forum : il fallait passer de l’organisation de rencontres internationales tous les deux ans à un processus global et continu de dialogue de société à société. Cela a impliqué depuis 2007 un effort d’enracinement du processus de part et d’autre, avec la création en Suisse d’une fondation China-Europa Forum, expression institutionnelle de la pérennité du processus, l’implication de l’Université polytechnique de Hong Kong dans l’organisation des séances plénières du 3ème Forum, une nouvelle démarche de sélection des ateliers du Forum à partir des souhaits exprimés en Europe et en Chine, la consolidation du site web du Forum qui doit être à la fois la vitrine du Forum, un site de référence des réflexions menées en Chine et en Europe et un outil de dialogue pour les différents ateliers. Tout au long de l’année 2009, un des défis institutionnels majeurs a été de trouver du côté de la Chine continentale un organisateur principal qui en assume la responsabilité politique. C’est l’Université Renmin, déjà organisatrice des précédentes rencontres, qui a finalement accepté d’assumer cette responsabilité.
Le développement de la pandémie de grippe porcine en 2009 a fait surgir de grandes incertitudes sur la possibilité de tenir dès juillet 2009 les troisièmes rencontres biennales en Chine. Il a été décidé de reporter d’un an la tenue des rencontres biennales mais ce délai a été mis à profit pour renforcer les liens entre les chevilles ouvrières des différents ateliers. Les troisièmes rencontres se tiendront donc en Chine en 2010 avec près de 80 ateliers. Entre temps, l’enracinement des ateliers se poursuit de manière très progressive. Ces troisièmes rencontres seront les dernières que la fph portera de façon aussi lourde au plan financier, l’objectif étant que les quatrièmes rencontres en Europe, en 2012 ou 2013, fassent l’objet d’un portage financier plus collectif, aussi bien en Chine qu’en Europe.